Thèses

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Revalorisation du patrimoine génétique d’une espèce agroforestière : analyse de trois initiatives territoriales et co-conception d’outils de gestion, le cas du châtaignier

cathy.bouffartigues@inra.fr

Décembre 2016-2019

INRA Toulouse, UMR AGIR, Equipes Magellan et Odycée

Encadrement : Laurent Hazard, Nathalie Couix (INRA Toulouse, UMR AGIR, équipes Magellan et Odycée), Timothée Flutre (INRA Montpellier, UMR AGAP, équipe DAAV)

Financement : Fondation de France

J’ai démarré ma thèse en décembre 2016 à l’interface de la génétique, des sciences de gestion et de la co-conception en agronomie. Cette thèse est financée par la Fondation de France et encadrée par Laurent Hazard (INRA, UMR AGIR), Nathalie Couix (INRA, UMR AGIR) et Timothée Flutre (INRA, UMR AGAP). Je travaille avec trois associations intéressées par la revalorisation de la biodiversité végétale cultivée et en particulier le châtaignier : l’ACRC en Aveyron, Rénova en Ariège, l’Association pour le renouveau de la châtaigne en Hautes-Pyrénées.

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Vaches dans un près agroforestier, près de Rodez, 01/2017, C.Bouffartigue

Pour aborder la question centrale de ma thèse qui est « Comment revaloriser le patrimoine génétique d’une espèce agroforestière ? », des connaissances sur le fonctionnement des collectifs et sur la génétique du châtaignier sont nécessaires. Ainsi, j’aborde dans un premier temps et en parallèle le fonctionnement des collectifs par des entretiens et la diversité génétique des châtaigniers par des marqueurs microsatellites. L’objectif étant que les connaissances collectées s’appuient sur un travail de caractérisation des variétés effectué par les associations depuis plusieurs années et nourrissent une démarche de co-conception collective qui interviendra dans un second temps.

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Préparation des échantillons pour l’analyse génétique à l’Inra de Pierroton, 12/20016, C.Bouffartigue

En effet, ces associations réalisent depuis plusieurs années un travail de prospection et de caractérisation des variétés sur la base d’un protocole d’observation de formes de feuilles, de fruits, de dates de floraison, de fructification, etc. Ces observations et les connaissances locales leur permettent de classifier les variétés en familles de variétés ressemblantes.

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Observation de feuilles, fleurs et fruit de châtaignier, 06/2016, C.Bouffartigue

L’observation à l’œil nue dépend de l’observateur, du moment de l’observation et de l’environnement dans lequel le châtaignier a poussé. Ainsi, des incertitudes restent quant à la détermination des variétés.
Ainsi, les associations se posent des questions sur l’identité de certaines des variétés et les parentés éventuelles entre les variétés qu’ils connaissent.

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Greffe sur souche de châtaignier en Ariège, C.Bouffartigue

Ma thèse participera à lever certaines des questions posées par les collectifs par l’utilisation de la génétique et à en soulever probablement d’autres.

Partenaires

http://www.chataignier-conservatoire.com (ACRC)

http://www.arize.fr/-La-Federation-Renova-.html (Rénova)

http://www.hautes-pyrenees.chambagri.fr/fileadmin/documents_ca65/Elevage_et_Diversification/Diversification/Program_Chata%C3%AEgnes/Ch%C3%A2taignes.pdf (Hautes-Pyrénées)

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Evaluation de la vulnérabilité des exploitations bovin lait pendant la conversion à l’agriculture biologique

maelys.bouttes@inra.fr

Octobre 2015-2018

INRA Toulouse, UMR AGIR, Equipe Magellan

Encadrement : Michel Duru, Guillaume Martin

Dans un contexte de fort développement de la filière laitière agriculture biologique (AB) en France, je réalise une thèse à l’INRA de Toulouse en partenariat avec les conseillers de la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron et de l’APABA. Je m’intéresse à la vulnérabilité des élevages bovins laitiers pendant la phase de conversion à l’AB. Mon dispositif de recherche repose notamment sur le suivi de 20 éleveurs de l’Aveyron durant 3 ans, et ce depuis le début de leur conversion engagée en 2016. Mon objectif est d’identifier les stratégies d’éleveurs qui présentent la vulnérabilité la plus faible durant la phase de conversion.

Le premier volet de mon travail visait à analyser les motivations et doutes des éleveurs rencontrés au moment de leur engagement.

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Le passage en AB : opportunité face à la crise du lait en conventionnel et/ou remise en question du système ? Source : Z’lex

Les premiers résultats montrent l’importance des agriculteurs AB du territoire pour crédibiliser l’AB aux yeux de néo-convertis qui la regardaient parfois de manière assez négative. Cependant, la décision de la conversion à l’AB s’accompagne souvent d’une remise en question du schéma conventionnel d’accroissement continu  des volumes produits à l’échelle de la ferme au profit notamment d’une recherche accrue d’autonomie (alimentaire, décisionnelle, etc.). Les éleveurs aspirent à un prix du lait stable mais avec un marché orienté fortement vers l’export, ils témoignent de craintes à voir les mêmes dérives du marché conventionnel   se reproduire dans la filière AB. Certains aspirent à mettre sur la table la responsabilité des éleveurs à maîtriser ces marchés par la réappropriation des discussions sur les volumes produits.

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Deux images de l’AB bien différentes ! Source : Z’lex

photo-gwen-christiansen-redimMobilisation de l’Intelligence Collective des Acteurs de la Transition Agroécologique à l’échelle d’un Territoire : Développement d’une Méthode Participative fondée sur l’utilisation de Cartes Cognitives

gwen.christiansen@inra.fr

Octobre 2016-2019

INRA Toulouse, UMR AGIR, Equipe Magellan

Encadrement : Laurent Hazard INRA Toulouse, UMR AGIR, Equipe Magellan) et Jean Simonneaux (UMR EFTS à l'ENSFEA)

 

  1. Objectif de ma thèse : mobiliser les raisonnements des acteurs pour la transition agroécologique

Mon travail de thèse porte sur le développement d’une méthode de mobilisation de l’intelligence collective de différents acteurs locaux, afin d’accompagner le développement de l’agroécologie et la transition agroécologique à l’échelle d’un territoire.

La transition agroécologique suppose une valorisation des savoirs portés par les acteurs locaux, qui sont de natures très diverses. En effet, les acteurs se trouvent dans une diversité de situations et ils élaborent chacun leurs propres raisonnements vis-à-vis de leurs activités. Ces raisonnements, dits socio-scientifiques (Morin 2014), prennent à la fois en compte des savoirs techniques et scientifiques, des savoirs relevant des domaines social, économique et politique, ainsi que leurs valeurs et le niveau d’incertitude qu’ils perçoivent.

Ces raisonnements échappent souvent aux approches classiques d’accompagnement des acteurs de l’agriculture car elles sont cloisonnées par domaine d’intervention (conseil culture ou élevage, vétérinaire, technico-commercial, contrôle laitier, comptabilité…) et ne permettent pas une vision globale des activités de chaque acteur.

De plus, les politiques publiques et les approches classiques d’accompagnement opèrent en général un transfert de connaissances de type « descendant » et prennent insuffisamment en compte les connaissances et les raisonnements des acteurs. Ceci entraîne souvent des problèmes d’adaptabilité et de légitimité des mesures encouragées.

Enfin, les différentes catégories d’acteurs possèdent des objectifs, des contraintes, des leviers d’action et un langage qui leur sont propres.

La communication entre acteurs et l’action collective sont donc souvent verrouillées par la complexité et la diversité des raisonnements et des langages de chacun.

 

  1. Méthode développée : des cartes cognitives explicitant les raisonnements des acteurs et des échanges visant à mobiliser leur intelligence collective

Afin de dépasser ces difficultés, je développe une méthode d’explicitation, d’analyse et d’échange des raisonnements des acteurs locaux, afin de les amener à apprendre des raisonnements de chacun et à les articuler en vue de développer des innovations et des stratégies d’action individuelles et collectives.

Dans un premier temps, j’effectue des entretiens individuels où les acteurs explicitent leurs raisonnements en utilisant comme support le tracé d’une carte cognitive. Une carte cognitive est un schéma de représentation systémique, c’est-à-dire qui permet de représenter des éléments de natures variées ainsi que leurs interactions, et ainsi d’avoir une vue d’ensemble sur un système, une situation ou un raisonnement.

Dans un second temps, j’amènerai les acteurs à échanger entre eux en utilisant les cartes cognitives comme supports à la discussion, afin qu’ils puissent avoir une vision globale des raisonnements de chacun et qu’ils prennent conscience des objectifs, des contraintes et des leviers d’action de chacun.

Dans un troisième temps, j’effectuerai de nouveaux entretiens individuels avec les acteurs pour analyser ce qu’ils auront appris de leurs échanges, et réfléchir avec eux sur comment ils peuvent intégrer ces nouveaux éléments dans leurs raisonnements et dans leurs actions.

Dans un quatrième temps, je prévois d’effectuer de nouveaux ateliers d’échanges collectifs pour articuler les stratégies d’action de chacun.

 

  1. Acteurs locaux partenaires : membres du GO PEI « Dispositif d’Innovations Agroécologiques Locales »

Pendant mon travail de thèse, j’accompagne les acteurs du Groupement Opérationnel Partenariat Européen d’Innovation intitulé « Dispositif d’Innovations Agroécologiques Locales » (GO PEI DIAL) porté par la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, qui rassemble des acteurs de l’agriculture de l’Aveyron Sud :

  • Chambre d’Agriculture de l’Aveyron,
  • Parc Naturel Régional des Grands Causses,
  • Collectifs d’éleveurs (Eleveurs Economes et de Terroir, BOLLERO, SALSA…),
  • Comité de Développement Agricole du Sud Aveyron (CDASA),
  • Structures de conseil agricole (UNOTEC, service élevage de la Confédération de Roquefort, AVEM),
  • Lycée agricole de Saint-Affrique.

Les acteurs de DIAL souhaitent développer les échanges entre les différents collectifs et s’engagent dans une démarche prospective afin de réfléchir collectivement à l’avenir de l’agriculture sur leur territoire, et en particulier sur « comment créer les conditions pour accroître les actifs en agriculture en développant l’agroécologie sur le territoire du Parc Naturel Régional des Grands Causses à l’horizon 2040 ».

 

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